Chasse à la baleine
Pour vous raconter toute l’histoire, tout commence par une chasse à la baleine. Malgré une météo bien pourrie, un équipage valeureux prend l’initiative d’aller photographier une baleine. (Je n’en suis pas très fier, mais c’est l’idée que j’avais insufflée à l’équipage avant le départ.) Oui, il y a des baleines dans le bassin, même si nous n’en avons vu que la queue, sur la plage d’Arcachon, à deux brasses à peine du port. Ceci dit, un bon 15 nœuds bien établis, avec des rafales à plus de 30 nœuds, sont annoncés. Navigation musclée, engagée, mais pas non plus déraisonnable pour un équipage aguerri.
Bien sûr, c’était sans compter sur une accumulation de petits détails. Si le Bélouga est un bateau vif et très réactif, il en est peut-être un peu moins vrai pour des marins sortant tout juste de table. La moindre petite erreur peut se payer cash.
Malgré 3 ris dans la GV (on ne peut pas faire plus) et un tourmentin plutôt de la taille d’un petit foc (1), une forte rafale (2), un virement de bord à ce moment-là (3), une écoute de foc qui se coince au pied de mât (4) et qui laisse le foc à contre (5), ainsi qu’un léger retard des équipiers au rappel (6), l’inévitable s’est produit.
La mer s’est alors recouverte de débris hétéroclites : plancher, capot de roof, coffres, baricaut (oui, oui, heureusement récupéré et rendu par la SNSM), etc.
Un zodiac passant par-là a pu récupérer le Second, le Gabier et le Baleinier, puis remorquer l’esquif vers le port. Le Capitaine, fidèle à son navire, est resté à l’eau jusqu’à l’arrivée de la SNSM, qui l’a sorti manu militari et lui a remis la traditionnelle Toison d’or des héros.
Eh bien, croyez-le ou non, presque tout a été récupéré, jusqu’au baricaut ; une seule bouteille de rhum a été perdue, au dire du capitaine. Côté électronique, c’est une autre affaire, mais un vrai pirate n’en a nul besoin pour naviguer (quoique, dans le bassin, je conseille fortement le GPS, au vu du balisage que seuls les locaux peuvent déchiffrer ???).
Une fois au port, l’équipage, en slip, n’a pas ménagé sa peine pour renflouer le bateau. La solidarité a fait le reste pour apporter des vêtements chauds et pourvoir au couchage de la nuit. Le lendemain matin, Tyte-Barik était sur l’eau, fier et vaillant.
Depuis ce jour, cependant, nous n’avons plus entendu le canon annonçant le retour des tavernes avoisinantes.
On nous a raconté beaucoup d’histoires de dessalage, mais peu d’entre nous ont vécu ou assisté à un tel évènement. Nous avons désormais une nouvelle confirmation : le Bélouga ne coule pas.
Ceci n’est que le récit d’un simple marin qui sirotait, au moment des faits, une Yermatbier au port, bien au chaud dans le fond d’un Bélouga, écoutant des histoires de traque à la baleine dans des contrées lointaines (Comme quoi, pas la peine d’aller bien loin). Il ne saurait se substituer à tout autre récit que pourraient conter nos quatre compères.
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